15/10/2010

Sur les retraites, l'emploi et les français: réponse à quelques arguments de droite et questions sur la réforme des retraites

Le débat sur la réforme des retraites adoptée par les parlementaires permet à certains arguments typiques du discours de droite (de la droite libérale ou non, d'ailleurs) de revenir sur le devant de la scène, y compris au plus haut niveau de l'État. Et pourtant, certains de ces arguments tiennent du cliché.

Petite revue de ce que j'ai pu lire ou entendre depuis quelques années sur le sujet.

1) Les français sont fainéants.

On l'entend souvent, les français sont fainéants et peinent à la tâche. Il faut dire que nos compatriotes aiment bien mesurer l'efficacité et la productivité d'un travailleur au nombre d'heures passées sur son lieu de travail, et il est très mal vu quand on est cadre de partir du bureau avant dix-huit heures, même si on n'a plus rien à faire.

Or une étude de l'INSEE publiée en janvier 2010 vient démentir cette affirmation. Cette étude montre notamment que depuis soixante ans, la durée du travail a baissé d'environ 25% sur un panel de dix pays parmi ceux ayant le PIB le plus élevé. Elle constate également que la France n'est pas le pays d'Europe où on travaille le moins: il s'agit des Pays-Bas, avec 1410 heures par an en moyenne. La France se situe dans la moyenne (1559 heures contre une moyenne de 1564 heures). Chose curieuse, l'Allemagne, pays souvent cité en exemple pour sa compétitivité, se distingue par une moyenne d'heures annuelles travaillées plutôt basse: 1432 heures. Comme quoi...

2) Les français sont râleurs et constituent une exception européenne

Certes, la France est le pays qui comptabilise le plus grand nombre de jours de grève par an. Mais si on prend l'année 2010, on s'aperçoit que nos voisins européens se sont eux aussi distinguées par des grèves: les espagnols sont descendus dans les rues et ont lancé un appel à la grève générale pour protester contre le plan de rigueur de Zapatero; les grecs ont manifesté, parfois violemment, contre le plan de rigueur imposé par le gouvernement suite aux revendications de l'Union Européenne et deux millions de personnes ont participé à la grève générale; quatre mille cinq cent pilotes de la Lufthansa, la plus importante compagnie aérienne allemande, se sont mis en grève...

On pourrait multiplier les exemples, mais force est de constater qu'en cette année 2010, la grogne n'est pas spécifiquement franco-française.

3) Les français ne veulent pas travailler plus

C'est vrai, ça, les français ne veulent pas travailler « juste » deux ans de plus. Sauf que les différentes réformes des retraites ont fait passer la durée de cotisation de 37, 5 ans à 41, 5, et bientôt 42, soit une augmentation de 10, 7 % de cette durée. Or un document de travail du Conseil d'Orientation des Retraites datant de mars 2010 montre que, pour les personnes effectuant une carrière complète, l'espérance de vie décroit, en moyenne, avec le nombre d'annuités validées. Ce document de travail nuance cependant cette conclusion, mais cela pose question: si on augmente encore la durée de cotisation et le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite à temps plein, quelles ont seront les conséquences pour les générations actuelles de travailleurs, et notamment celles qui connaissent et subissent les effets du management par le stress?

Par ailleurs, ce n'est pas que les français ne veulent pas travailler plus, c'est qu'ils ne le peuvent pas. Le taux d'emploi des seniors est de 38, 3% en France contre 45, 6% dans le reste de l'Europe. Devant les réticences des entreprises à embaucher des seniors, les français préfèrent être à la retraite plutôt qu'au chômage, car qui dit chômage dit prolongation du temps nécessaire pour atteindre les trimestres permettant une retraite à taux complet.

4) Les français sont des fainéants et les 35h une exception française

Qui n'a pas déjà entendu cet argument? Et pourtant... Une étude de 2007 montrait que la moyenne effective du temps de travail pendant la semaine de référence, étudiée au cours du second semestre 2006, tous types d’emplois et toutes branches confondus, est de 38 heures en France, pour une moyenne de l'Union Européenne des vingt-sept de 37,9 heures, une moyenne de la zone euro de 37,4 heures. L'Allemagne, tant vantée pour l'état d'esprit de ses salariés, était à 35,6 heures et le Danemark à 30,8 heures (en passant, au Danemark, les cadres ne se sentent pas tenus par une loi non écrite de rester jusqu'à point d'heure au bureau). Le temps moyen de travail des français est donc supérieur à la moyenne européenne.

Au-delà de ces différents arguments ne reposant pas sur grand chose, il me semble que l'absence de débat concernant cette réforme des retraites a eu comme conséquences de passer sous silence les questions suivantes.

  • Comment peut-on demander aux français de travailler plus longtemps avec un taux d'emploi des seniors aussi faible?

  • En admettant qu'on résolve le problème de l'emploi et des conditions de travail des seniors, comment faire pour que l'augmentation du pourcentage de seniors actifs parmi ceux présents sur le marché du travail ne se répercute pas sur l'emploi des jeunes diplômés?

  • Selon une enquête de 2009, 24% des hommes et 37% des femmes souffrent de mal-être au travail. Augmenter la durée de cotisation, et donc du temps de travail, sans agir sur ce phénomène, n'est-ce pas le risque qu'il prenne de l'ampleur, et donc agisse sur la qualité de vie et l'espérance de vie après la retraite des personnes appelées à travailler plus longtemps?

  • Un autre problème est posé par l'incitation aux heures supplémentaires: ces heures supplémentaires pourraient en effet être affectées à des emplois supplémentaires et non à des emplois déjà existants. Or il semble contradictoire de vouloir à la fois faire baisser le taux de chômage et demander aux salariés de travailler plus.

La réforme des retraites pose des questions complexes, qui auraient mérité mieux qu'un débat mené sur le mode du « c'est ça ou l'apocalypse » et du « si vous n'êtes d'accord, c'est qu'on vous a mal expliqué, donc on va faire des efforts de pédagogie envers vous ». À quelques exceptions près, ni les syndicats ni les partis politique opposés à cette réforme ne se satisfont de la situation actuelle. Ils réclament un débat posé, qui permette de mettre en avant certaines questions totalement oubliées par cette réforme et qui ne se transforme pas en une réforme promue à coup de clichés que les faits démentent pourtant.

Et une information parue ces derniers jours semble montrer que la réforme actuelle n'est pas menée uniquement dans l'intérêt de la nation: le site d'information Médiapart révèle que cette réforme pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, spécialisé notamment dans les complémentaires retraites et les fonds de pension, dont le délégué général s'appelle Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas. Le marché pourrait représenter 40 à 100 milliards d'euros.

25/08/2010

Derrière les Roms, l'amour

Je pourrais jubiler, intérieurement et extérieurement, me réjouir de ce que l'Église catholique fasse la une des médias pour ses critiques de l'action du gouvernement envers les Roms, de manière globalement positives. Je pourrais crier « enfin », en voyant que, pour une fois, les évêques français et le Pape ne passent plus pour d'odieux réactionnaires qui n'ont pas leur mot à dire dans la politique de notre pays et qui sont de toutes façons déconnectés de la réalité du monde. Je pourrais exprimer ma joie d'être, pour une fois, « du bon côté », de me sentir confortée dans mes opinions politiques. Pourtant, je ne le ferai pas. D'une part, cela serait totalement opportuniste, à l'image de quelques leaders politiques qui passent leur temps à cracher sur l'Église catholique et les catholiques en général, mais qui ont estimé que le Pape était dans son rôle de s'exprimer ainsi et qu'il avait bien raison. D'autre part, cela serait un peu hypocrite de ma part, et cela reviendrait à embrigader l'Église pour la défense de mes propres opinions, alors que celles évoluent et sont constamment bousculées par le message de l'Église. Avec tous les doutes que j'ai pu exprimer ou toutes les questions que je continue à poser pour tout ce qui touche à la morale personnelle, je ne serais pas la mieux placée pour endosser le rôle du défenseur inconditionnel de l'Église.

Et puis, un autre point me chagrine. Certes, depuis fort longtemps, l'Église est vue comme une autorité (qu'on accepte ou qu'on combat) politique ou morale, et la tentation est grande de la réduire à une gardienne de dogmes qui distribuerait des préceptes de bonnes conduites. Mais ces préceptes, ces règles de vie, tout ce qu'on met en exergue, tout cela n'est pas désincarné. La foi chrétienne n'est pas une morale, elle est la croyance en une Incarnation, en une parole faite homme. Toutes ces règles de vie, cette morale sociale, économique, sexuelle, tout cela ne serait rien sans la foi en un Dieu qui aime l'homme de manière inconditionnelle. Quand l'Église nous rappelle que les Roms ont des droits et jouissent de la mêmes dignité humaine que nous, ce n'est pas parce que c'est mal de traiter ainsi les gens, c'est parce qu'elle voit en eux, comme en chacun d'entre nous, des enfants de Dieu. Quand elle s'engage aux côtés des plus pauvres, c'est parce qu'un certain galiléen a déclaré il y a deux mille ans que tout ce que nous faisons à l'un de ces petits qui sont les siens, c'est à eux que nous le faisons. Quand elle s'oppose à l'interruption volontaire de grossesse, c'est parce qu'elle défend ceux qu'elle range parmi les plus faibles, les enfants à naître. Quand elle se prononce contre l'euthanasie, c'est parce qu'elle reconnaît dans ces petits vieux qui n'intéressent plus personne et dont on aimerait bien qu'ils meurent pour toucher l'héritage des enfants de Dieu avec une dignité intacte, même si leur corps, lui, ne l'est plus. Et même si on peut avoir du mal à le reconnaître, elle manifeste là une certaine constance dans le message.

La défense des Roms n'est donc pas seulement une piqûre de rappel sur des valeurs morales, c'est avant tout une défense de l'amour, et une invitation à aimer, encore plus, encore plus loin, à aimer même celui qui ne nous aime pas, voire qui nous voue une haine certaine. La route est loin d'être facile, mais nous sommes invités à progresser, chaque jour, dessus. Le Pape, lors de son fameux message repris par tous les médias, nous invitait à construire « une civilisation de l'amour ». Ma crainte est que, pour les médias, et pour nous, catholiques, les Roms ne soient qu'un épiphénomène, un événement un peu isolé qu'on oubliera vite. Cette civilisation de l'amour ne se fera pas au rythme des médias. Elle se construira dans l'ombre, d'abord, loin de la médiatisation ponctuelle de telle ou telle déclaration. Et si nous l'oublions, puissions-nous trouver quelqu'un pour nous rappeler ce qui se trouvait réellement derrière la défense des Roms par l'Église catholique en août 2010.

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22/06/2010

La nuit des veilleurs

L’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) organise dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juin la Nuit des veilleurs, au cours de laquelle des chrétiens de toutes confessions se relaieront pour prier pour les victimes de la torture. Sur le site dédié à cette initiative – qui en est à sa cinquième édition – sont proposés des chants et des textes pour prier et méditer. De huit heures du soir à huit heures du matin, les participants formeront une chaîne ininterrompue de prière et de solidarité, en portant plus particulièrement dans leur prière dix personnes et situations que l'ACAT a choisi de mettre en avant pour cette édition. Pour participer, il suffit de s'inscrire sur le créneau voulu, et d'essayer de s'y tenir.

 

 

Affiche Nuit des veilleurs 3.jpg

 

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24/05/2010

Un oui à partager pour la mission

Tel était le thème du congrès de la CVX (Communauté Vie Chrétienne), qui a réuni près de trois mille participants ce week-end à Nevers. Pendant trois jours, les congressistes ont écouté, réfléchi, partagé, prié, célébré. Ayant eu la chance de vivre ce moment privilégié d'une vie en CVX et ayant beaucoup reçu au cours de ce congrès, je voudrais en partager quelques points.

Bousculant l'ordre chronologique, je voudrais commencer par la messe de la Pentecôte, célébrée par Mgr Francis Deniau dans le hall des expositions de Nevers, où se déroulait le congrès. Cette messe s'est distinguée par sa grande dignité associée à un choix musical de qualité, qui n'était pas seulement accompagnement mais véritable prière.

De manière plus générale, la musique a joué un rôle important lors de ce congrès. Lors de l'après-midi du samedi, nous avons entendu cinq témoignages, et entre chaque témoignage, le refrain « Donne-moi seulement de t'aimer » a été chanté. À chaque fois, ce fut un moment fort.

Je voudrais aussi revenir sur ce qui fait la force de la vie en CVX et qui s'est vérifié encore une fois lors du congrès. Que ce soit lors de rassemblements régionaux ou nationaux, la capacité que nous avons à faire communauté avec des gens que nous ne connaissions pas auparavant et à nous faire confiance dès le début s'est encore une fois manifestée. Les organisateurs nous avaient réunis en communauté de congrès, qui s'est regroupée le samedi en fin d'après-midi pour la préparation de la journée de dimanche, et qui s'est retrouvée dimanche, pour péleriner dans Nevers, en route vers des forums à la rencontre de thèmes sur lesquels la CVX s'engage et à la rencontre de l'Église de Nevers. Sur la route, les échanges furent concrets, vifs, profonds, sincères. Nos cœurs se sont ouverts à des amis dans le Seigneur que nous ne connaissions pas en arrivant mais que nous avons découverts sur place, au fil des échanges. Cette spontanéité bienveillante s'est également manifestée au cours des repas, que nous avons pris par groupes de six. Les groupes se sont formés, naturellement, dans la file, au hasard des rencontres, et nous avons pu avoir des échanges tout aussi spontanés et sincères avec ces compagnons (au sens étymologique du terme) d'un midi ou d'un soir.

La présentation par deux responsables mondiaux des perspectives de la communauté mondiale, qui sont autant de thèmes à adopter par la CVX France, a été également un moment fort, une prise de conscience du rôle que nous pouvons jouer et des ponts que nous pouvons jeter entre la société civile, qui ignore parfois tout de l'importance de ces thématiques pour l'Église en tant qu'institution ou pour les mouvements d'Église, et la CVX. L'un de ces thèmes est l'écologie. L'existence au sein de la CVX d'un atelier Chrétiens Co-responsables de la Création et le succès qu'ont rencontré son stand et les forums de réflexion qu'il a animé montre l'importance des compagnons de la CVX pour ce thème.

Des pistes de réflexion se sont ouvertes, des questions se sont posées, qui vont trouver des réponses immédiatement ou peu à peu, en mûrissant, des prises de conscience ont eu lieu. La joie de se retrouver, de se dire que nous étions trois mille, unis par la même foi et par le même désir d'unifier notre vie, de lui donner plus de cohérence sous le regard de Dieu, tout cela a fait de ce congrès, sur lequel je reviendrai plus en détail, un moment fort pour ma vie de chrétienne et d'habitante de la cité.

Au final, si je devais, ce soir, retenir un élément du congrès, ce serait celui-ci: nous devons vivre en communauté apostolique, en communauté appelée à agir dans le monde pour la justice sociale, mais appelée à enraciner son action dans une vie spirituelle intense.

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18/05/2010

Kiss-in: surenchère dans l'inutile

À grands renforts de communiqués de presse et de dépêches au ton polémique, on a commencé par apprendre qu'un kiss-in aurait lieu devant un édifice religieux important d'une ville importante. Le but? On ne sait pas trop. Les uns annoncent qu'ils n'ont pas du tout l'intention de cibler l'Église catholique, les autres appellent à la dénonciation d'une liste de positions (supposées ou réelles) de la religion concernée. Si les motifs sont un peu flous, la ficelle est, elle, grosse comme un câble d'ascenseur et les principales personnes intéressées ont mordu à l'hameçon: des catholiques classés (très) à droite sur l'échiquier politique appellent à une contre-manifestation. Et nous voilà partis dans une surenchère aux démonstrations inutiles. Inutiles, car caricaturales. D'un côté, un groupe qui ignore volontairement tout ou partie des positions de l'Église catholique pour ne retenir que ce qui l'arrange, de l'autre, des groupes qui ne représentent qu'eux-mêmes mais qui vont contribuer un peu plus à l'amalgame « catholique = facho extrémiste intolérant » dans l'opinion publique. Et surtout, personne ne va convaincre l'autre de se ranger à son point de vue, et ce que les principaux intéressés risquent de récolter, c'est, au choix, un séjour aux urgences ou au commissariat de police. Le résultat n'a d'ailleurs pas tardé: la presse locale et certains « nouveaux médias » ont sorti des gros titres du genre « homos contre cathos », ou « les cathos chassent les homos ». Même si l'article rectifiait légèrement le tir et précisait quels groupes de catholiques étaient concernés, c'est trop tard, le mal est fait parmi le lectorat.

Si c'est inutile, pourquoi en parler? Parce que ça me paraît assez symptomatique de la manière dont fonctionne le débat public. Une telle initiative met en scène, assez schématiquement, d'un côté les bons, les gentils, les tolérants, de l'autre, les méchants, les intolérants, les persécuteurs. Choisissez votre camp, la nuance est interdite. La réflexion sereine, posée, argumentée, n'y gagne guère. Que certains responsables du Vatican aient eu des propos plus que douteux ces derniers jours sur les liens entre pédophilie et homosexualité, c'est un fait, et on n'est pas obligé de fermer les yeux dessus en pratiquant l'esprit de clan parce qu'on est catholique. Mais on peut à la fois être choqué par les propos tenus au sein même de l'Église, s'interroger sur les positions de l'Église sur l'homosexualité, et être peiné du choix du lieu de la manifestation dont il est ici question. Quelle place y a-t-il pour le débat, pour les explications sereines et posées sur les positions et les actions de l'Église sur le sujet quand, en face, on a une action à but médiatique et une attitude de pompier incendiaire qui exige que les victimes de l'incendie se débrouillent elles-mêmes pour éteindre le feu (en gros, qui exige que les évêques tiennent leurs troupes, alors qu'il était évident que l'organisation d'un kiss-in allait en déchaîner certains et appeler une réaction vigoureuse de leur part)? Le seul résultat d'une telle action va être de braquer un peu plus les catholiques qui ne se reconnaissent pas dans la tendance organisant la contre-manifestation, y compris ceux qui ont du mal avec les déclarations de l'Église catholique sur l'homosexualité, de radicaliser toutes les positions, et d'élargir encore plus le fossé qui sépare une partie des homosexuels et l'Église catholique. Mais veut-on vraiment réduire ce fossé ou rameuter la presse et avoir son quart d'heure de gloire?

Au milieu de tout ça, le Monde a publié un entretien assez révélateur avec un universitaire, Louis-Georges Tin, à l'origine de la Journée mondiale au cours de laquelle devait avoir lieu le kiss-in. L.-G. Tin dit notamment « Cette année, nous demandons aux croyants, et en particulier aux responsables religieux, non pas d'approuver l'homosexualité mais, chose bien différente, de désapprouver l'homophobie. Notamment lorsqu'il s'agit de violences commises au nom d'un Dieu, quel qu'il soit. Nous n'entendons pas aller sur le terrain de la théologie, qui n'est pas le nôtre ; nous demandons aux théologiens de venir sur le terrain des droits humains, qui nous concerne tous. » En tant que catholiques, nous ne pouvons qu'approuver. De même que je salue l'idée d'organiser un colloque avec les représentants des différentes religions: c'était courageux, et, visiblement, l'appel a été entendu puisqu'interviennent « les représentants officiels de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante, du Grand Rabbinat, de la Mosquée de Paris et de l'Union bouddhiste de France ». En revanche, quand il affirme que le refus d'autoriser le mariage homosexuel est une « homophobie d'État », cela pose question. L'homophobie ne naît pas de ce simple refus mais des raisons pour lesquelles on s'oppose au mariage homosexuel. Et cette affirmation me semble contradictoire avec les efforts d'ouverture envers les religions manifestés auparavant.

Cette Journée mondiale contre l'homophobie me paraît une bonne occasion pour clarifier les positions. Il faut s'opposer de toutes ses forces aux discriminations que subissent les homosexuels et reconnaître qu'il n'est pas toujours facile d'être homosexuel aujourd'hui en France, ce dont trop de catholiques ne sont pas convaincus, mais il faut défendre le droit à discuter des questions épineuses telles que le mariage homosexuel ou l'homoparentalité dans le calme et le respect, avec des arguments et non pas des slogans et des invectives, et défendre le droit à chacun d'exprimer ses idées sans se faire insulter.

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14/05/2010

Un temps pour chaque chose sous le ciel

Dans le tourbillon du monde où nous vivons, le hasard d'un blog m'a rappelé ce texte lu à notre mariage.

 

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour engendrer, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher.

Un temps pour tuer, et un temps pour soigner; un temps pour détruire, et un temps pour construire.

Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.

Un temps pour lancer des pierres, et un temps pour les ramasser; un temps pour s'embrasser, et un temps pour s'abstenir.

Un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter.

Un temps pour déchirer, et un temps pour recoudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler.

Un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour faire la guerre, et un temps pour faire la paix.

Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu'il prend ? J'ai vu toutes les occupations que Dieu donne aux hommes. Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps.

Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme, et pourtant celui-ci est incapable d'embrasser l'oeuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin.

(Qohélet 3, 1-12)

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13/05/2010

Et il monta au Ciel

Ascension du Seigneur

 

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Icône russe de la fin du 15ème siècle, Novgorod


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